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Ce blog n’est pas rosicrucien, martiniste ou maçonnique, mais s'intéresse à ces trois courants initiatiques et traditionnels.

vendredi 19 mai 2017

Pratique Cohen ... Suite



A la lecture de tout cela, nous voyons combien la magie de Martinez (ou Martinès) est sainte. Son but :
Conduire le disciple vers une vie spirituelle de plus en plus intense.
L’abbé Fournier, qui fut aussi son secrétaire, rapporte que les instructions journalières de Martinez « étaient de nous porter sans cesse vers Dieu, de croître de vertus en vertus et de travailler pour le bien général. Elles ressemblaient exactement à celles qu’il paraît dans l’évangile de Jésus-Christ ».

 De Hauterive, quant à lui, précise que le travail Cohen doit être « La réjection continuelle de la pensée mauvaise, la prière et les bonnes œuvres, voilà les seuls moyens d’avancer dans la découverte de toutes les vérités, et  ce qui est encore au-dessus, la pratique de toutes les vertus. »
Être Cohen demande de la rigueur, exige des obligations et des devoirs. Si on n’est pas capable de s’y conformer, pourquoi donc trépigner pour se faire initier ? Cela ne rime à rien, ne correspond à rien et n’a aucun point d’ancrage dans le monde divin. Donc, impossible de se fier aux manifestations qui se présentent sous leurs plus beaux atours pour nous tromper. En effet, le travail des Cohen ne se résume pas aux travaux d’équinoxe deux fois l’an. C’est un travail personnel, journalier, qui exige rigueur et régularité, où la curiosité, la recherche du merveilleux et du surnaturel n’ont pas leur place.



Après son départ, deux disciples veulent perpétuer la pensée de leur Maître : Jean-Baptiste Willermoz avec les Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte et Louis-Claude de Saint-Martin à travers la Voie Cardiaque. Willermoz introduira la doctrine de la Réintégration dans le rite maçonnique de la Stricte Observance Templière  allemande du baron Carl Gotthelf Von Hund. Les grades de Profès et de Grand Profès contiennent, sans les nommer, les instructions relevant de la doctrine de Martinez, le tout épuré des enseignements théurgiques.
1782 voit la naissance du Rite Ecossais Rectifié qui sera mis en sommeil après la Révolution Française, avant la disparition même de Willermoz. Grâce à une survivance  suisse, Edouard de Ribaucourt et Camille Savoire le feront revivre en France la veille de la première guerre mondiale.



Quant à Louis-Claude de Saint-Martin, il abandonne la théurgie et c’est hors de la Franc-Maçonnerie qu’il va continuer à faire vivre la pensée de celui dont il fut le dévoué secrétaire. Pour lui la théurgie est une voie externe. Il souhaite une démarche plus intérieure, il rejoint Martinez quand il dit qu’il veut «entrer dans le cœur du Divin et faire entrer le Divin dans son cœur ».
Jacob Boehme, qu’il découvre lors de la traduction de ses ouvrages, le confortera dans son choix et dans son penchant naturel vers l’introspection. Cependant, il est à noter que ses ouvrages :
« Des erreurs et de la Vérité » en 1775,
« Le Tableau Naturel » en 1782,
« L’Homme de désir » en 1790,
« Le Nouvel Homme » en 1792,
« Le Crocodile » ou La guerre du bien et du mal » en 1798, jusqu’à son dernier livre « Le Ministère de l’Homme-Esprit » publié en 1802, sont tous indéniablement marqués par la doctrine de Martinez de Pasqually, qu’il appelait son « premier instructeur ».
Bien que beaucoup associent Franc-Maçonnerie et Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen de l’Univers, le but de l’Ordre dépasse de beaucoup celui des rites de la Franc-Maçonnerie mystique.
Vialetes d’Aignan nous dit en effet que l’Ordre est « un ordre ayant pour but de ramener l’homme à sa glorieuse origine, l’y conduit comme par la main, en lui apprenant à se connaître, à considérer les rapports qui existent entre lui et la nature entière dont il devait être le centre et enfin à reconnaître l’ ÊTRE suprême dont il est émané

Thierry Ronat

lundi 8 mai 2017

Pratique « Cohen »

La lecture de la lettre du 13 août 1768 de Martinez de Pasqually à Jean-Baptiste Willermoz est très édifiante sur la position de Martinez quant à la pratique de sa doctrine. 



Ayant échoué dans ses différentes tentatives de réformer en profondeur la Franc-Maçonnerie, il fonde un ordre mystérieux : Les Chevaliers Maçons Elus Cohen de l'Univers, dont le caractère chrétien ne fait aucun doute, mêlant hauts-grades maçonniques et magie angélique.
Cette doctrine, destinée à une élite réunie sous le nom d'élus « Cohen » (Prêtes élus), connaîtra une fortune singulière, mais les opérations théurgiques resteront réservés aux seuls Initiés. Martinez n'utilise guère la Franc-Maçonnerie qu'afin de greffer sur elle son système et son organisation. Aussi, quand on se penche sur les préceptes de Martinez et ses motivations, il est toujours très surprenant d'entendre les uns et les autres parler de Cohen et de les voir courir avec acharnement après leurs grades. A croire que la seule prononciation de ce nom aiguise les esprits, renferme tous les secrets et toutes les vertus magiques !



Beaucoup ignorent et mettent sous le boisseau la caractère mystique et sacré de la théurgie de Martinez. Il faut lire ses rituels pour prendre pleinement conscience de la place prépondérante de la prière, des prosternations, de l'utilisation des psaumes.
Cette théurgie ne vise pas à diriger des forces sur quelqu'un, à obtenir des avantages, à manipuler son prochain, ni même à régler le soucis du monde profane. Elle est une sainte Magie ayant pour but l'union mystique, la rencontre entre le visible et l'Invisible. Et c'est de cette fusion avec l'Invisible que la « Chose » se manifeste. Influence spirituelle que les Cohen nomment « intellect », qui n'est autre qu'une manifestation émanée de Dieu ou de ses Anges.
Mais que de chemin à parcourir avant d'oser espérer d'être gratifié de la présence de la « Chose » et d'approcher ce monde divin !
Aussi, avant de songer à « purifier l'aura de la terre », comme on l'entend dire souvent, la première chose à purifier, c'est bien soi-même. Car il s'agit bien de cela en vérité. Se purifier par une préparation extérieure, afin de nous conduire vers une communion intérieure avec le Divin. Martinez dira lui-même que le lieu privilégié de cette rencontre est le cœur de l'homme. A la fois tabernacle et réceptacle de Dieu, l'homme y reçoit les plus belles manifestations que le Créateur lui envoie.
Le Cohen doit donc être un Chrétien pratiquant. A l'époque de Martinez, des disciples protestants se convertissent à la religion catholique romaine pour entrer dans le cénacle. L'ordination qui doit être conférée n'est pas décision d'homme, mais le récipiendaire doit être opté par la « Chose » au cours d'un rituel bien particulier, pas de manifestation, pas d'ordination.


Déjà, au cours de son initiation au degré d'Apprenti, le Cohen prend plusieurs engagements :
Garder secrets les mystères de l'Ordre
Être fidèle à la sainte religion catholique.

A travers les différents travaux qui lui sont confiés, il s'habitue de suite à cette rigueur si caractéristique. S'il souhaite atteindre des performances, le sportif ne s'entraine-t-il pas chaque jour pour monter sur le podium ? Et bien, il en est de même dans la vie spirituelle. Et en l’occurrence, cet entrainement ci est la prière. Aussi, avant la pratique de la Théurgie, le Cohen, quel que soir son grade, se doit d'assister à une Sainte Messe. Dès qu'il a toutes les clefs nécessaires, le prière rythmera sa vie, de 6 heures en 6 heures (Six heures du matin, midi, dix-huit heures et minuit). Ces prières composées par Martinez, reprennent les Psaumes, les Invocations « Au nom de Jésus », l'Ave Maria, le Pater. On y trouve aussi des invocations destinées à l'Ange Gardien et avant de s 'endormir, celle « qu'il faut faire quand on est couché et prêt à s'endormir ». En se réveillant, on rend de suite grâce à la Sainte Trinité et à la Vierge, et, avant de fermer les yeux, nos dernières paroles sont pour le monde divin. C'est tout de même plus élevé que de s'endormir après la vision d'un film où se mêlent des violences de tout genre !
Aussi, la lecture des sept Psaumes de Pénitences au moins à chaque renouvellement de Lune, ou tous les jours suivant les périodes de travail, relève de la pratique du Cohen, tout comme l'office du Saint Esprit tous les jeudis. Tous les jours, réciter le « Miserere » debout face à l'Orient, et le « De Profondis » face contre terre ou genoux en terre. L'avancement dans la Hiérarchie était synonyme de plus d'obligation, de prières, de jeûnes, d'abstinence, particulièrement au moment de travaux bien spécifiques. D'aucun doivent penser que nous ne sommes pas loin de la vie de certains moines qui se relèvent la nuit pour prier. Certes, mais il y a urgence ! On passe tellement de temps à ingurgiter des émissions de télévision qui nous tirent vers le bas, à lire des revues vides de sens !
Dieu ne mérite-t-il pas que nous Lui consacrions un peu de temps chaque jour ? Certes, il est difficile de mettre tout cela en pratique au pied de la lettre, surtout à notre époque, d'une part, si on a des activités professionnelles et d'autre part , parce que notre monde est dominé par la matérialité. Mais, on peut très bien adapter tout cela à notre modernité. Et d'aucuns le font !

Fin de la première partie, à suivre …




Thierry Ronat

mardi 4 avril 2017

Une certaine idée du Martinisme ...


Bon nombre de sociétés dites secrètes et initiatiques, prétendent détenir la Vérité. A travers cet imbroglio, il est ardu au chercheur sincère de trouver la Voie, sa Voie.



En effet à toute époque, il est impossible de se rendre clairement compte du caractère réel du Martinisme si l'on ne fait pas tout d'abord la différence capitale qui le sépare d'autres groupements.
Le Martinisme est lié à l'invisible. Son principe d'existence et de durée prend donc sa source dans tous les plans supérieurs et toute sa hiérarchie se fait de haut en bas. Il se réfère toujours au principe invisible qui le dirige et appartient au divin ou à une entité supérieure comme il vous convient de le nommer.
A travers le temps, cette vérité, confiée à des Hommes de bonne volonté, est restée intacte pour parvenir jusqu'à nous.  
De Swedenborg à Jacob Böhme et Eliphas Levi, de Saint-Yves d'Alveydre à Stanislas de Gaïta, sans oublier bien sûr Louis-Claude de Saint-Martin, tous ont apporté leur pierre à cette divine mission, par leurs connaissances de la philosophie et de la Haute Science Traditionnelle. Cependant, le travail imparti à Papus par la Divine Volonté, pour garder au Martinisme sa pureté originelle, fut remarquable. Attaqué, calomnié, bafoué, il mena le bon combat pour la défense d'une cause qu'il savait juste, celle du spiritualisme chrétien, de l'union de la Science et de la Foi et il y réussit. Point de magie, de grandes incantations, de titres pompeux.




La magie suprême, ou la théurgie dans l'acceptation spirituelle, n'agit qu'au moyen de la prière et du sacrifice. Un seul idéal mérite d'être recherché sur terre, c'est la paix du cœur. Or, l'occultisme nous la donne par la compréhension de la justice du Verbe sur tous les plans.
On ne peut évoquer Papus sans évoquer Maitre Philippe de Lyon qui dans l'ombre, humblement a œuvrer pour le Martinisme. Il tient sa connaissance au-delà du savoir. Il nous appelle à la foi, à la prière qui est le pain de l'âme. Il nous exhorte au pardon qui est la plus belle fleur de la victoire contre nous même, il nous exhorte à la charité, à suivre le chemin du Christ.



Le Martinisme est un outil qui porte le corps et les âmes à la plus grande gloire du créateur.
Le véritable ésotérisme est la science des adaptations cardiaques. Le sentiment est le seul créateur dans tous les plans. 
Une des belles caractéristiques du Martinisme est de nous rendre, sous une forme plus rationnelle, tout ce qui était vraiment utile et secourable dans les religions qui ne répondent plus à nos besoins.
Le Martinisme enseigne qu'un homme ne peut être spécialement aidé que si ses actions passées l'en ont rendu digne et même dans ce cas, il ne sera secouru que par des êtres relativement proches de son propre niveau. 

"Veillez et priez, le Ciel peut tout !"
Epitaphe sur la tombe de Jean Chapas.

Thierry Ronat

jeudi 9 mars 2017

J'ai consulté pour vous : Le Grand Armorial de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, par Thomas de la Sore









 
Que voici une tache complexe !



D’abord, je n’aurais pas la prétention de satisfaire à la définition de cette rubrique de « J’ai lu pour vous », consulté me semble plus approprié. Effectivement, c’est davantage un format dictionnaire-encyclopédique auquel on va aller se référer, s’informer, et s’instruire plutôt qu’un livre d’histoire réservé aux seuls adeptes (au sens noble et premier du terme) du Régime Écossais Rectifié.

D’où ma seconde réflexion : il conviendra à tous les hommes de désir, j’entends par-là ceux, chercheurs et cherchants qui veulent découvrir, explorer, bien au-delà des bornes spécifiques du rite sur lequel il s’appuie.

Enfin, il fera le bonheur des bibliophiles et bibliomanes (j’attends encore que l’on m’explique sérieusement les différences intrinsèques) de par ses qualités de manufacture, de composition tant graphiques que d’illustrations très soignées dans leurs représentations.

Sur le fond, plutôt que de m’aventurer sur un terrain que je connais mal, celui de la maçonnerie rectifiée, je préfère reprendre ci-après quelques avis de spécialistes qui font autorité en la matière :




À commencer par Jean-François Var, auteur, conférencier, historien

"Je tiens à annoncer l'arrivée chez moi de ce qui est véritablement un chef-d’œuvre, et qui va orner le saint des saints de ma bibliothèque. Chef-d’œuvre de présentation, de mise en page, de réalisation.. C'est tout uniment un livre d'art.
Chef-d'oeuvre aussi de science. Notre Ami, au XVIIIe siècle, eût mérité l'approbation confraternelle des bénédictins, les hommes plus savants de leur temps....
Pour les chercheurs, cet ouvrage sera une source de références indispensable. En effet il comporte des notices biographiques et sigillographiques illustrées (en couleurs !) pour tous les CBCS des trois Provinces du Régime rectifié que l'auteur a pu répertorier à partir des sources manuscrites. En outre il propose un "Essai abrégé sur l'Art héraldique au début du Régime rectifié" d'une extrême utilité.
Cet ouvrage présente deux inconvénients. Le premier sera un avantage pour les paresseux : il dispense d'aller chercher ailleurs des références ! Il ne comporte pas moins de 2845 notes ! Et la bibliographie occupe à elle seule 8 pages...
Le second inconvénient, très grave, est qu'il est tellement beau qu'on ne peut qu'hésiter à s'en servir comme outil de consultation courante ! Raison pour laquelle je m'en suis procuré deux exemplaires...
Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître ! L'ambition n'était pas mince, elle est pleinement accompli".




Poursuivons avec Roger Dachez,  directeur de l'Institut Maçonnique de France :

"Parcourir cet armorial, le lecteur s'en sera vite rendu-compte, est bien autre chose que de déambuler dans les salles silencieuses d'un musée :c'est entendre un message venu du passé. Chacun de ces écus, joint à la rigoureuse notice scientifique qui l'accompagne et l'éclaire, nous fait revivre un des innombrables épisodes , célèbres ou méconnus, des l'histoire des CBCS [...] Étudier cet armorial n'est donc pas sacrifier  à une curiosité de dilettante, c'est au fond, si l'on donne aux choses leur dimension réelle, une sorte d'exercice spirituel [...] Remercions à nouveau l'auteur  de nous avoir donné la possibilité d'accomplir cette expérience.  Il reste à chacun de nous, chevalier en puissance en un siècle où plus d'un cœur sincère  peut être désemparé, à composer en lui-même et à inscrire dans la vie, les armes de ses rêves".

Pierre Mollier Le Cavailler, Historien, conférencier, auteur, conservateur du Musée de la Franc-Maçonnerie et rédacteur-en-chef de la revue Renaissance-Traditionnelle.  

"Pour mieux présenter l'héraldique de ces Chevaliers-Maçons, il fallait aussi mieux les connaître. Ainsi le projet d'Armorial s'est-il peu à peu doublé d'un véritable dictionnaire biographique. Outre les sources classiques, les compétences de l'auteur dans les nouvelles technologies lui ont permis d'exploiter toutes les ressources fournies aujourd'hui par les bases de données et les archives numérisées. [...] Au lecteur étonné, cet armorial apparaît comme un grand vitrail. Telles les pièces de verre d'une antique rosace, ces blasons que Thomas de la Sore nous restitue, laissent filtrer une lumière colorée et céleste qui abolit le temps profane et nous ouvre les portes du "Haut et Saint-Ordre". Ami, n'hésites pas à franchir le seuil et à entrer dans la nef".

 Présentation par l'auteur :



"Durant le troisième quart du XVIIIe siècle, plusieurs francs-maçons français s’intéressent de près à la « Stricte Observance », Ordre maçonnico-chevaleresque d’origine allemande, réputé pour sa belle ordonnance et le sérieux de ses connaissances. Plusieurs frères de Strasbourg s’y font recevoir, suivis par des frères de Lyon et de Montpellier.



Mais rapidement, les chevaliers français cherchent une certaine autonomie et adaptent les pratiques de l’Ordre allemand. Après seulement quelques années d’appartenance, ils décident en 1778, lors du Convent national de Lyon, de prendre une large autonomie vis-à-vis de la Stricte Observance. Ils créent notamment l’« Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte » et décident d’y perpétuer la plupart des usages du système allemand, comme celui d’attribuer à ses Chevaliers des noms, blasons et devises d’Ordre.

Le présent Armorial est le fruit d’une étude minutieuse de l’histoire de francs-maçons français ayant appartenu à l’un ou l’autre de ces deux Ordres, du XVIIIe siècle jusqu’au premier Empire. Sur la base de sources nombreuses et variées (plus de 500 manuscrits, ouvrages et imprimés), l’ouvrage rassemble au final, pour les trois Provinces françaises (Auvergne, Occitanie, Bourgogne), en plus des états civils et des états d’Ordre, les notices biographiques de plus de 120 chevaliers, frères et servants de ces deux Ordres.

Si l’histoire de quelques-uns de ces membres est bien connue des francs-maçons pratiquant aujourd’hui le Rite Écossais Rectifié, il s’avère que l’histoire de la majorité des premiers Chevaliers Bienfaisants leur est complètement méconnue, voire inconnue. Ainsi, cet Armorial leur fournira une nouvelle lecture, originale et fort documentée, de l’histoire des Loges réunies et rectifiées, par l’histoire de l’ensemble de ses membres.

L’Essai abrégé, qui figure en deuxième partie de l’ouvrage, a quant à lui pour but de leur faire connaître les usages héraldiques, aujourd’hui oubliés, des Chevaliers de ces ordres. Car, force est de constater, que les pratiques d’aujourd’hui diffèrent grandement de celles des origines… et qu’elles mériteraient peut-être d’être retrouvées…"
Recensions, critiques et autres avis nous parviendrons ces prochaines semaines, nous ne manquerons pas de vous les communiquer.

Pour terminer, signalons que Thomas de la Sore a pris le généreux et risqué pari de s'auto-éditer...Alors n'hésitez pas :

LE GRAND ARMORIAL DES CHEVALIERS BIENFAISANTS DE LA CITÉ SAINTE, Thomas de la Sore, Paris, auto-édition de l'auteur, 2017, 325 pages.

Pour l'acquérir, consultez le site y dédié, c'est : ICI

Prochainement : 



Recension sur le site du Philosophe Inconnu, c'est : ICI

 Xavier Cuvelier-Roy



lundi 6 mars 2017

La Transmission de la Doctrine des Rose+Coix de nos jours



La doctrine des Rose+Croix du XVIIème siècle, qu'il ne faut pas confondre avec celle des systèmes modernes rosicruciens, est celle du Martinisme, tant de Louis-Claude de Saint-Martin que de son maître Martinez de Pasqually. En fait, c'est celle des Kabalistes chrétiens du Moyen-âge et de la Renaissance. Elle n'est en fait, que l'ésotérisme de la tradition judéo-chrétienne, expurgée des enfantillages et de l'imagerie classique.

Il est bien évident que les Rose+Croix du XVIIème siècle étaient profondément mystiques et chrétiens. Adversaires du Catholicisme d'alors, intolérant et impitoyable. Ils étaient également anticléricaux et donc très proches du Protestantisme, l'anti-occultisme de ce dernier mis à part.

Le constat est que le nom de Rose+Croix n'a plus le même écho aujourd'hui au sein des milieux qui se parent de ce nom. Ceux de la Franc-Maçonnerie qui ne sont plus toujours chrétiens, rarement occultistes et les rosicruciens modernes ont une orientation différente.

Pour la réalisation de leur vaste plan, couvrant plusieurs siècles, les Rose-Croix ont utilisé l'ensemble des connaissances occultes traditionnelles : Alchimie et Spagyrie, Magie, Théurgie, Astrologie. Leur doctrine est un combiné de gnose chrétienne et de kabale juive. Ce sont en fait des kabalistes chrétiens.




Leur programme a été confié en partie à des organisations moins mystérieuses, plus près du monde profane. Parmi ces mouvements initiatiques, nous citerons les plus connus : Le Martinisme et la Franc-Maçonnerie.


  • Les deux branches de la Franc-Maçonnerie, rationaliste et spiritualiste, collaborent toutes deux à la réalisation du programme général des Rose+Croix, sur le plan politique et sociologique.

  •  Le Martinisme s'est vu confier une tâche particulière, plus occulte et plus ésotérique.



Ces sociétés initiatiques remplissent-elles encore leur rôle actuellement ?

Pour le Martinisme, je répondrai positivement car il fait preuve de stabilité et d'unité dans ces différents courants. Il a su rester fidèle à ses origines. Par contre pour la Franc-Maçonnerie mon avis serait plus pessimiste et ceci pour plusieurs raisons.


A force de vouloir laïciser les rituels, certaines obédiences les ont vidé de leur substance originelle.
La course au recrutement, pour être la plus grande obédience, la plus reconnue, celle qui a le plus de poids dans le monde profane, fait que les nouveaux entrants ne bénéficient pas d'une formation à la hauteur et sont livrés à eux-mêmes dans leur cheminement initiatique.
Les modifications et remaniements de rituels participent à la perte de l'essence, de l'esprit.
La vie des obédiences est très fluctuante. Régulièrement, de nouvelles apparaissent ou disparaissent , fusionnent. Les nouvelles sont généralement le fruit de scission d'obédiences existantes pour diverses raisons, divergences d'idées, de méthodes,ou conflits d'égos surdimensionnées.
Tout cela entraine une perte d'unité et de stabilité, une perte de l'action magique du Rite et souvent un éloignement de l'enseignement originel.

Quand je visite certains ateliers qui ne mettent même plus de tapis de loge ! Alors qu'il doit en être le cœur.
Ou encore tel autre qui ressemble plus à un parti politique,  occultant complètement sa raison d'être de société initiatique.

Dans ce cadre la, nous ne sommes plus dans la Tradition et la Transmission.

Il faut être vigilant et travailler sans relâche pour maintenir et transmettre dans sa plénitude aux générations à venir, la Tradition que nous avons régulièrement reçue.
Cela passe par la rigueur, le respect du rituel.
Si on peut parfois en rectifier la forme, prenons garde de ne jamais en modifier le fond et l'esprit.


"Le premier vœu que nous ayons à formuler en ce moment est que le temple que nous allons élever à la Vertu et à la Vérité, sous les auspices des Maîtres Passés, soit agréé par le G.A.D.M., à qui nous le dédions. Puissent tous ceux qui viendront y travailler être animés, comme nous le sommes, de sentiments d'union, de fraternité, de paix et d'amour !"

"Garez-vous de l'orgueil et de l'égoïsme, rappelez-vous que vous n'êtes rien, que vous ne pouvez rien, que vous êtes moins que les autres. Aimez votre prochain comme vous-mêmes et ne médisez jamais de personne."

CARITAS !



Thierry Ronat

dimanche 12 février 2017

La lettre G et le 2éme cerveau de l'Homme

Une avancée scientifique récente nous apporterait-elle un nouvel éclairage sur la signification de la lettre « G » symbole majeur de la Franc-Maçonnerie.

La Franc-Maçonnerie spéculative née officiellement en Angleterre en 1717 à Londres  lors de l'acte fondateur,  par lequel quatre loges, dont on ne sait si elles existaient depuis quelques jours ou de nombreuses années  se fédèrent et créent la Grande Loge de Londres et de Westminster. Par déduction la lettre « G »  signifie donc un mot en langue anglaise.  Je vous passe la liste de toutes les significations avancées. Je vous cite les principales :

Pour La tradition anglaise dite ancienne : (c'est à dire la plus récente historiquement). Elle la complète tout simplement pour en faire « GOD », c'est à dire DIEU.

La lettre « G » dans La tradition Maçonnique Française : L'initiale « G » apparaît comme l'initiale de « Géométrie », Gravitation, Gnose ...

Une nouvelle signification « Gut », (Tripes,entrailles en français) nous est donc apportée par de récentes découvertes scientifiques.

Cette interprétation doit parler à tous les maitres maçons, par le signe, par le serment de l'obligation, par l'emplacement de la lettre  « G » sur leur tablier.
Lorsque le maçon est en loge, il doit se recentrer et son centre se trouve en son ventre. Le ventre également matrice de toute vie par la femme.
 






L'étoile à 5 branches ou pentagramme est une représentation de l'Homme,à l'instar de l'Homme de Vitruve de Léonard de Vinci.
La lettre « G »au centre de l'étoile indiquerait donc le 2ème cerveau de l'Homme et donc son importance primordiale.



Il y a quelques années, les scientifiques ont découvert en nous l’existence d’un deuxième cerveau :  Notre ventre.
En effet, ce dernier contient deux cents millions de neurones qui veillent à notre digestion et échangent des informations avec notre "tête". Les chercheurs commencent à peine à décrypter cette conversation secrète. Ils se sont aperçus par exemple que notre cerveau entérique, celui du ventre, produisait 95 % de la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe à la gestion de nos émotions. On savait que ce que l'on ressentait pouvait agir sur notre système digestif. On découvre que l'inverse est vrai aussi, notre deuxième cerveau joue avec nos émotions.
Que savons-nous de notre ventre, cet organe bourré de neurones que les chercheurs commencent à peine à explorer ?

En outre, certaines découvertes ouvrent aujourd’hui d’immenses espoirs thérapeutiques. Des maladies neurodégénératives, comme Parkinson, Alzheimer pourraient trouver leur origine dans notre ventre. Elles commenceraient par s’attaquer aux neurones de notre intestin, hypothèse qui, si elle est vérifiée, débouchera peut-être sur un dépistage plus précoce. Plus étonnant encore, notre deuxième cerveau abrite une colonie spectaculaire de cent mille milliards de bactéries dont l’activité influence notre personnalité et nos choix, nous rend timides ou, au contraire, téméraires. 




« Avoir le ventre noué, des papillons dans l’estomac », « Se mettre la rate au court-bouillon », « Se faire de la bile »… Bien avant que la réalité scientifique ne leur donne raison, les expressions populaires mettaient en avant le lien étroit entre notre ventre et nos émotions…

Aujourd’hui, nous savons que 200 millions de neurones sont présents au niveau de l’intestin et que ce système nerveux entérique communique de manière étroite avec le système nerveux central.

Plus récemment, des études ont suggéré qu’en plus de ses fonctions métaboliques et immunitaires, le microbiote intestinal prendrait également part à la communication entre l’intestin et le cerveau et influencerait le fonctionnement cérébral. Et aujourd’hui, les chercheurs se penchent sur les liens possibles entre un déséquilibre du microbiote intestinal et certains troubles psychiques : stress, dépression mais aussi maladies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer…).

L’intestin et le cerveau sont étroitement connectés. Le système nerveux central est en interaction permanente avec le tube digestif. Cette connexion est bidirectionnelle et se fait, avant tout, par les voies nerveuses sympathiques (nerfs splanchniques) et parasympathiques (nerfs vagues) du système nerveux autonome.
D’ailleurs, 95% de la sérotonine est produite au niveau de l’intestin et prend part aux échanges entre le cerveau et l’intestin via le nerf vague. La sérotonine est un neurotransmetteur, parfois aussi appelé « hormone de la sérénité » qui régule une vaste gamme de fonctions comme l’humeur ou le comportement.
Entre le cerveau et l’intestin, un troisième acteur s’est glissé : le microbiote intestinal qui prendrait part également à ce mystérieux dialogue.

Le 2ème cerveau et la médecine du Tao
Ce que la médecine moderne découvre depuis peu, les anciens Taoïstes, il y a plus de 4000 ans, en étaient parfaitement conscients. Pour les anciens Taoïstes, le corps humain est sous le contrôle de deux cerveaux. Le cerveau cérébral et le cerveau abdominal. Ils attribuaient aux nerfs le contrôle de l’activité corporelle. Ils associaient l’activité du système nerveux principalement à la région abdominale et ensuite, dans une moindre mesure, au cerveau.
Selon la pensée Taoïste, la perception et la génération des sentiments sont des fonctions de la région abdominale et plus précisément située au niveau du plexus solaire.
Le plexus solaire affecte tous les organes de la région abdominale. Lorsque le plexus solaire fonctionne bien, les organes ne souffriront pas du stress et des tensions. Mais lorsque l’équilibre est rompu, les problèmes se feront sentir. Selon les théories Taoïste, cet équilibre sera perturbé lorsque le cérébral, (l’esprit rationnel) se développera au détriment du viscéral, par le refoulement des émotions.
Selon le Tao, en niant leurs émotions, les humains entravent les fonctions du plexus solaire, ce qui a pour effet de perturber le fonctionnement des organes et d’écourter leur vie. Les véritables émotions se situent dans le plexus solaire plutôt que dans le cerveau. Ce dernier ne fait qu’enregistrer le souvenir d’une émotion. La civilisation moderne préconise plus le pouvoir de la raison, le raisonnement cérébral, pour réprimer les émotions. Ce qui empêche le plexus solaire de fonctionner et prépare le terrain à l’apparition de problèmes physiques et psychologiques.
Lorsque les organes qui maintiennent l’organisme en vie cessent de fonctionner normalement, les renseignements entreposés dans le cerveau deviennent confus et obscurcissent la sagesse et l’intelligence.
Finalement les découvertes du Dr Gershon et du Dr Devroede acréditent la justesse de la pensée Taoïste. 
 
La médecine traditionnelle Maya croyait également que les pensées et les émotions étaient directement ressenties et traitées dans l’axe central de l’abdomen et du plexus solaire. Ils pratiquaient le massage abdominal pour soulager les effets du stress sur l’organisme. 

On retrouve également cette approche dans l'Hindouisme, le Bouddhisme avec les chakras du Yoga.



 Thierry Ronat

jeudi 19 janvier 2017

A l'entour de Rennes-le-Château, de Georges Kiess



Est-il encore possible de prononcer ou d’écrire RENNES LE CHÂTEAU sans pour autant évoquer le « fabuleux trésor », provoquer ainsi des allergies, voire davantage et de passer son chemin au risque de se priver d’un petit chef d'oeuvre. 

Oui ! C’est l’entreprise réussie de Georges Kiess, qui, dans sa balade ALENTOUR DE RENNES LE CHÂTEAU n’y fait aucune allusion et nous convie à partager 50 minutes de bonheur en visionnant ce dvd produit par Debowska Productions.


Mais Georges Kiess, nous le savions déjà sur ce blog pour avoir fait la recension de son œuvre majeure, TEMPLIERS, recherche d’authenticités (ICI), ne se présente ni se comporte comme un assourdissant historien d’opérette qui aurait priorité sur tout ce qui bouge sur le sujet, détenteur de secrets ou encore découvreur de l’inimaginable pour les pauvres béotiens que nous sommes, indignes de recevoir la becquée réservée à quelques initiés.

Non, Georges Kiess ne s’appuie que sur des documents consultables (donc vérifiables) par tous, partage généreusement son savoir et capitalise depuis de nombreuses années une somme importante d’études, de livres, d’activité associative qu’il met à disposition du chercheur sérieux, mais aussi et pourquoi pas, du simple touriste appréciant à sa juste valeur et beauté ce magnifique pays du Razés.

Vous serez comme moi séduit par l’étendue de ses connaissances, avec cet accent si particulier et attachant, au cours de cette visite qui vous entraînera au Pas du Loup de Jaffus, Rennes le Château et Rennes les Bains, au fort templier de Campanea, sur le site méconnu du Bézu, son château, son église.


Bande annonce de la vidéo : ICI

Des vues époustouflantes sur 360 degrés, des paysages cyclopéens, un coucher de soleil splendide terminera cette merveilleuse balade.

 Xavier Cuvelier-Roy


Et directement chez l’auteur pour son livre TEMPLIERS, recherches et authenticités : kiess.georges@free.fr