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Ce blog n’est pas rosicrucien, martiniste ou maçonnique, mais s'intéresse à ces trois courants initiatiques et traditionnels.

jeudi 24 novembre 2016

Le site du Philosophe Inconnu : l'Événement !




Tous les lecteurs de ce blog connaissent le site du Philosophe Inconnu qui fête sa douzième année d’existence et rencontre un succès planétaire, tant auprès des adeptes du « martinisme-martinézisme » que des chercheurs et historiens.

« Ce site à pour objectif de faire connaître la pensée de Louis-Claude de Saint-Martin. Il met à la disposition des chercheurs une base documentaire sur l'homme, son œuvre et son contexte historique, social et philosophique. Il est animé par quelques amis de Louis-Claude de Saint-Martin, amateurs ou spécialistes, réunis d'une manière informelle autour d'une passion commune. Il se veut indépendant de tout mouvement politique, religieux, initiatique ou social. »


A l’occasion de cet anniversaire, son créateur et webmestre Dominique Clairembault, principal contributeur, nous a réservé une belle surprise avec une refonte complète du site . Ce n’est donc pas un simple relooking ou rafraîchissement, mais un travail qui lui a imposé de suivre un lourd cahier des charges, avec un ajout très important de fonctionnalités.


Ergonomie, optimisation des contenus, un design aéré, résolution d’images en haute définition, mises-à-jour, réorganisation des contenus et bien d’autres améliorations encore que nous vous invitons à découvrir par vous même.  
Ajoutons que techniquement, le site répond aux derniers impératifs de modernité :
- « Responsive désign », son affichage s’adapte automatiquement aux différentes tailles des écrans de tous les terminaux : ordinateurs, tablettes, smartphones. Les menus s’adaptent à ces différents formats dès que la page est ouverte.
- Les images, comme les vidéos, sont aussi en « responsive » comme par exemple le slider (diaporama) qui devient plus petit sur un smartphone, s’adaptant automatiquement à la largeur de l’écran.
- les textes ne sont plus justifiés. En effet, des études sérieuses démontrent qu’un texte justifié n’est pas adapté à la lecture de l’écran et qu’en outre, sa lecture est pénible à l’œil.


Quelques "fignolages", on s'en doute, sont-à venir, soyez patients !
Nous formulons tous nos vœux pour que Dominique Clairembault y trouve son bénéfice et les intérêts, par un trafic encore plus important.

Xavier Cuvelier-Roy


Le site du Philosophe Inconnu, c'est :ICI


samedi 5 novembre 2016

Du symbolisme de la pomme de pin au 3ème oeil ... suite et fin.

Suite de l’épisode précédent  du lien entre la pomme de pin et le 3ème œil…


C’est dans la voie d’éveil de la tradition hindoue et le yoga que nous trouvons explicitement  l’ouverture du troisième œil, encore appelé la montée de la Kundalini. 

La Kuṇḍalinī est désignée comme « énergie cosmique », « énergie vitale » ou « énergie divine » selon les auteurs qui l'emploient et la tradition qui l'utilise.

Dans les sociétés occidentales cette représentation est plus ésotérique.

On voit ci-dessous la photo d'un magnifique vase de l'époque Louis XVI, qui reflète clairement la kundalini.

Le vase figure deux serpents, représentation d’Ida et Pingala qui s'élèvent symétriquement des deux côtés, ascensionnant vers la pomme de pin (glande pinéale) au sommet, pour activer le troisième œil. 

Ida et Pingala sont des canaux énergétiques physique et psychique dans lesquels circule le "Prâna" (ou Énergie Vitale) selon des règles très complexes, tenant compte des heures, des mouvements solaire et lunaire et de l'état particulier de chaque être humain.

Ida et Pingala entourent Sushumna et s'entrecroisent en particulier au niveau de chacun des chakras principaux ou se trouvent les nœuds que l'énergie doit dissoudre durant son ascension. Ils sont situés sur le trajet de l'épine dorsale et de la tête et représentent la contrepartie subtile des ganglions du système nerveux sympathique.


Le concept d'ouverture du troisième œil serait un « secret perdu » des sociétés initiatiques dont  la franc-maçonnerie, secret qui était autrefois connu de tous les monarques et nobles d'Europe.  Selon la tradition ésotérique, nous avons tous un troisième œil sous la forme de la glande pinéale. Symbolisée dans l'art par la pomme de pin.

Bien que l'idée d'éveil du troisième œil constitua un jour le principe central d'une ancienne religion universelle pratiquée tout autour du globe, cette tradition fut considérée comme « païenne » et devint hors-la-loi avec l'arrivée du christianisme. Elle passa dans la clandestinité en occident, seuls ses symboles survécurent.
L'un de ces symboles est l'emblème héraldique français le plus célèbre : la Fleur de Lys. Cet ancien emblème, qui fut adopté par les premiers rois de France, les rois mérovingiens, et utilisé ensuite par les monarques qui suivirent, constitue en fait une « feuille de route » sur la manière d'éveiller le troisième œil. 

Le motif de la fleur de lys, un pétale double flanquant un troisième pétale centré est parallèle aux canaux Ida et Pingala flanquant le Sushumna central :



La fleur de lys affiche une troublante ressemblance avec un autre symbole ésotérique ancien et puissant, le Caducée, emblème iconique largement utilisé par les rois français ainsi que d'autres rois et potentats d'Europe. Le caducée est un autre emblème symbolisant le grand secret maçonnique de l'éveil du troisième œil.

Le caducée, qui nous est familier aujourd'hui en tant que symbole de la médecine, est aussi directement relié au symbolisme de la kundalini, comme nous pouvons le voir dans cette statue d'une déesse tenant un caducée, sur la façade du château de Versailles :

Pendant des siècles, des initiés ont encodé le caducée dans l'art et l'architecture, utilisant parfois le symbole de la pomme de pin au sommet du caducée en référence au pouvoir d'illumination de la glande pinéale ou troisième œil :



Cette trinité ou triangulation se retrouve partout en franc-maçonnerie :  L’importance du nombre trois, la triangulation dans le rituel, les deux piliers jumeaux ("J…" et "B…"), le soleil et la lune, surmontés d'un œil lumineux (L’œil qui voit tout, le troisième œil). 


C'est le secret caché du symbole de la pomme de pin dans la Maçonnerie, selon le célèbre auteur franc-maçon canadien du 20ème siècle, Manly P. Hall :

« … La kundalini du mysticisme hindou… est la clef perdue de la Maçonnerie… le feu de l'esprit s'élève le long des trente-trois degrés ou éléments de la colonne vertébrale et pénètre dans la chambre en dôme du crâne… où il invoque Ra (la glande pinéale)… Comme le signifie son nom, la glande pinéale est la pomme de pin sacrée chez l'homme – l’œil unique »

(Manly Hall, The Secret Teachings of All Ages)

Les Franc-maçons et les guildes des tailleurs de pierre qui les ont précédés ont encodé ce concept du troisième œil dans l'art et l'architecture, dans les églises, les châteaux et la plupart des cathédrales médiévales gothiques d'Europe.

C'est le secret de « l’œil dans le triangle » maçonnique qui achève une pyramide tronquée, symbole familier aux américains en tant que Grand Sceau des États-Unis ; ce célèbre symbole existe en mémoire de la religion universelle de l'Âge d'Or qui était répandue autrefois sur terre.





Suivant les anciennes traditions de sagesse de l'antiquité, comme celles des anciens hindous et égyptiens, les sociétés initiatiques utilisent ce type de symbolisme d'un troisième œil solaire pour représenter « l'âme intérieure » ou la « lumière divine » intérieure.




Thierry Ronat

dimanche 9 octobre 2016

Du symbolisme de la pomme de pin au troisième oeil





Quel rapport entre la pomme de pin et le troisième œil ? Pas évident au premier abord. Mais laissez-vous guider en gardant ce qui suit à l’esprit. Quelle est la quête de tout Cherchant sincère?  la Lumière !


Cette réflexion m’a été inspirée lors d’un récent voyage à Rome et à la visite du Vatican. Mon attention a été attirée par une statue aux dimensions imposantes de pomme de pin nommée "La Pigna".


La pomme de pin est également le symbole utilisé par la papauté pour illustrer le trait d’union entre la terre et le ciel, la chair et le spirituel, voir sur le spectre papal sur la photo ci-dessous.

 


Les armoiries du Saint-Siège qui se trouve sur le drapeau du Vatican entre autres, dispose d'un empilement de trois couronnes étrangement similaires dans la forme d'une pomme de pin.


Pourquoi cette présence si ostentatoire au sein de la chrétienté ? Se retrouve-elle ailleurs ?

Dans toutes les religions et les cultures, il existe des représentations de la pomme de pin comme un élément à travers lequel on peut parvenir à une vision du ciel. Dans la culture sumérienne et dans ses dieux, dans la culture égyptienne, dans le bouddhisme, dans l’hindouisme, dans la religion chrétienne comme nous venons de le voir.

On en trouve trace sur des sculptures assyriennes datant de 713-716 avant JC. Figures  détenant des pommes de pin, ou, dans certains cas, en utilisant une pomme de pin pour la pollinisation de leur représentation de l'Arbre de Vie. Un hommage, peut-être, à la fois symbolique l'immortalité et son rôle en tant qu'icône de l'illumination. 




Une statue du dieu mexicain « hicomecoatl », représente à nouveau la divinité offrant une suite de pommes de pin dans une main et un arbre à feuilles persistantes dans l'autre. Les Grecs et les Romains ont également intégré la pomme de pin dans leurs systèmes élaborés de la croyance religieuse et la mythologie.


La pomme de pin est l’expression de la fécondité et de la puissance vitale, de la permanence de la vie végétative et animale. 

Elle fut également un attribut de Dionysos ainsi que de Cybèle, déesse de la fécondité, le pin étant la métamorphose d’une nymphe aimée du dieu Pan.

Sa forme en spirale est symbole de développement cyclique. La pomme de pin montre clairement les spirales de Fibonacci : 8 dans un sens, 13 dans l'autre sens. 8 et 13 sont deux termes consécutifs de la suite de Fibonacci : 1; 1; 2; 3; 5; 8; 13. 



Lorsque l'on rejoint tous les points par une seule spirale, l'angle entre deux points consécutifs est l'angle d’or. En elle, il y a émanation, évolution, rotation créationnelle. Cela n’est donc pas pour rien que la pomme de pin porte peu ou prou la même charge symbolique et, par extension, le pin lui-même. 

Comme dans le labyrinthe, la spirale évolue à partir d’un centre, l’involution étant marquée par le retour au centre. Sans doute parce que le parallélisme pomme de pin/spirale évoque la cyclicité du rythme Vie-Mort à l’infini et met en exergue l’impermanence dans la permanence, l’équilibre dans le déséquilibre.

Pourquoi la pomme de pin apparaît, dans l’une des cours les plus emblématiques du Vatican, une représentation colossale en bronze d’une pomme de pin de plus de quatre mètres de haut, qui s’appuie sur un chapiteau de IIIe siècle montrant le couronnement d’un athlète victorieux. Ou pourquoi les dieux ailés ou génies sumériens tenaient une pomme de pin dans la main. Pourquoi les bouddhas éclairés ont une coiffure en forme de pomme de pin, qui apparaît également sous forme de flamme sur la tête de Saint-Jude Thaddée. 



Pourquoi l’enfant de la Vierge noire de Montserrat a une pomme de pin dans la main ?


Enfin, pourquoi le sceptre d’Osiris est un bâton, flanqué de deux serpents, dont la pointe est surmontée d’une pomme de pin. Nous pourrions donner des dizaines d’autres exemples car on en trouve partout. La raison, même si elle est restée cachée jusqu’il y a peu, en est très simple :

La pomme de pin est le symbole de la glande pinéale dont elle inspire le nom, un symbole très ancien de nature sacrée.

Descartes, représentant de l’âge de la raison, appelé à tort siècle des Lumières, a affirmé que la glande pinéale était le siège de l’âme.

La glande pinéale est parfois aussi appelée « le troisième œil atrophié ». la glande pinéale serait la « montagne » de la Bible où se fait la communication avec le Très Haut. Exotériquement, Moïse reçoit les tables de la loi « sur la montagne », d’un point de vue ésotérique, cette montagne ne serait autre que le siège de la glande pinéale.

Les moines tibétains affirment qu’il existe chez l’homme un troisième œil situé au centre du cerveau à hauteur des yeux, responsable de la clairvoyance et qui aurait été atrophié au fil du temps, pour permettre peut-être le développement de la conscience et à partir de celle-ci, l’effort évolutif qui cristallise dans l’union de toutes les potentialités qui sommeillent en chaque être humain.

Le troisième œil est associé aujourd’hui à la glande pinéale et il est intéressant de noter la similitude anatomique entre cette glande et l’endroit où elle se loge et les dessins schématiques représentant, en Egypte, l'œil d'Horus. 


La glande pinéale est considérée comme étant le «Troisième Œil» car elle dispose d’une membrane qui capte les images comme celle au fond de la rétine des yeux, la glande pinéale est remplie d’eau et c’est la partie la plus magnétique du corps humain.

C’est une petite glande qui mesure à peine plus de 5 mm, un peu plus grosse qu’un petit pois, mais qui contient dans sa structure des capacités et des potentialités aussi surprenantes que mystérieuses. 

Elle occupe une place importante dans l’iconographie des religions, et même des sociétés secrètes. Jusqu’il y a peu, la science la considérait comme un simple résidu de phases évolutives antérieures sans guère d’utilité aujourd’hui. Loin de là, les connaissances scientifiques modernes soulignent, parmi diverses fonctions cellulaires complexes, neuroendocriniennes et neurophysiologiques, celle de réguler les cycles de veille, sommeil, étroitement liés à la présence de la lumière, on y vient.

En effet, lorsque l’obscurité règne autour de nous, cette glande sécrète la mélatonine, une hormone qui, entre autres choses, affecte la montée et la descente des ondes alpha et bêta, ce qui, non seulement ouvre ou ferme les portes du sommeil et de l’éveil, mais permet également des états de conscience généralement associés à la méditation ou la prière.

Il y a donc un aspect lié au spirituel, ou au multidimensionnel, qu’a réussi à mettre aujourd’hui à la mode l’étude de la glande pinéale. Les doctrines ésotériques d’Orient proclament depuis des millénaires que la pinéale est une glande qui permet de gérer des états altérés de conscience, faisant office de pont, d’une certaine façon, de sorte que son activation par certaines techniques d’entraînement conduit à une union du monde phénoménal et des états de conscience supérieurs.

On pense que les méthodes d’entraînement des yogis engendrent une sécrétion élevée de D.M.T. dans la glande pinéale.

Qu’est-ce que le D.M.T. ? Il peut être considéré comme le responsable biochimique des expériences mystiques. Le D.M.T. (diméthyltryptamine) est l’un des psychédélique, hallucinogènes les plus  puissants et il est présent dans la nature de manière plus ou moins concentrée, aussi bien dans les espèces animales que végétales. 

Fin de la première partie ...


Thierry Ronat

vendredi 16 septembre 2016



L'objectif originel de la Franc-Maçonnerie est l'élévation spirituelle avec comme outil principal, l'étude du symbolisme. Oswald Wirth l'avait bien compris, comme le prouve le texte ci-dessous toujours d'actualité, à méditer ...




Le devoir maçonnique français :
Hommes d'ordre, respectueux de toute autorité légalement établie, les Francs-Maçons firent preuve de loyalisme à l'égard de tous les régimes qui se sont succédé en France au cours du XIXe siècle. Ce qui avait été pour eux une obligation de principe devint adhésion volontaire, quand la trilogie «Liberté, Egalité, Fraternité» fut arborée comme devise de l'Etat.
La défense de la République fut alors identifiée avec le devoir maçonnique, d'où une confusion excusable de la part de Républicains enthousiastes, mais dangereuse au point de vue strictement maçonnique.
Planant au-dessus des nations, des races, des langues et des opinions, la Maçonnerie doit demeurer universelle et ne jamais s'inféoder à un régime politique, si attachés que les Maçons lui soient en tant que citoyens. La Loge est un sanctuaire clos et couvert, où les passions du dehors n'ont pas à pénétrer, pas plus que les controverses d'ordre politique ou religieux.
Cela est fort beau, se disent les Maçons français: mais la République est attaquée et si nous ne la défendons pas, nous sommes coupables envers elle et la Patrie, à laquelle il est de notre devoir maçonnique de nous dévouer sans réserve !
Assurément, mais il y a la manière. On peut militer politiquement dans les comités électoraux, tout en adoptant une autre attitude en Loge, de même qu'à l'Eglise, d'où le mauvais exemple ne manque pas d'être donné. Hélas, les hommes sont faibles et ils se laissent fâcheusement entraîner.
Du côté de la Maçonnerie, l'oubli des principes conduisit au scandale parlementaire de 1904, dont l'opprobre atteignit toutes les Loges, alors qu'un petit nombre d'individualités étaient seules responsables. Ce fut une terrible leçon, qui modéra l'ardeur politicienne au bénéfice d'une plus saine appréciation du rôle éducatif de la Franc-Maçonnerie.
"Le devoir maçonnique français prit alors de l'extension. Il appelait l'attention sur l'«Initiation maçonnique» insuffisamment prise au sérieux. Des manuels, s'adressant aux Apprentis, aux Compagnons et aux Maîtres s'efforcèrent de «rendre la Franc-Maçonnerie intelligible à ses adeptes». Ces publications et d'autres provoquèrent un changement de mentalité de plus en plus constatable d'année en année, au sein des Loges, mais ne transpirant guère à l'extérieur. C'est ainsi que notre institution devait subir en 1940 une condamnation, en punition de fautes dont elle s'appliquait à se corriger.
Si la suppression de la Franc-Maçonnerie peut rassurer ceux qui s'en font un spectre, où si elle s'imposait en raison d'inéluctables nécessités découlant de la défaite, nous devons nous résigner à la mesure qui nous frappe sans que nous ayons été entendus en notre défense.
Quoi que nous puissions penser de la loi, notre devoir maçonnique est de nous y soumettre; donc de cesser de nous considérer comme membres d'une société, dite «secrète», bien qu'elle ne se soit que trop fait connaître. Cessons de nous réunir, puisque le droit de réunion est suspendu.
Suspendu, mais non supprimé. Patientons. Quand la France se sera donné une nouvelle Constitution, il nous sera loisible de nous conformer aux dispositions admises pour nous assembler à nouveau légalement, sans le moindre secret, en exposant clairement notre but et la méthode éducative qui permet de l'atteindre.
Ce qui très ouvertement obtiendra le droit de revivre ne sera plus l'ancienne organisation, dont les défauts sont reconnus. Une rénovation intégrale s'impose. Il ne s'agira plus de copier maladroitement un Etat parlementaire avec son administration paperassière. Nous avons à nous reconstituer franchement en «Ecole supérieure de Sagesse», où prédominera une haute spiritualité, indépendante de l'esclavage financier d'une vulgaire association. Il faudra «initier», donc enseigner et former moralement, en s'adressant aux initiables sans les lier matériellement. Mais ce sont là préoccupations prématurées. Par la force des choses, chaque Maçon est confiné en un isolement qui le contraint à renfermer en lui-même sa Maçonnerie, ou, plus exactement son «Maçonnisme», c'est-à-dire sa conviction maçonnique. Le vrai Maçon l'est, en effet, «dans son cœur» et ne se borne pas à l'être extérieurement, du fait de fréquenter les réunions et de s'acquitter de ses cotisations. Si elle est véritable et profonde, l'«Initiation» transforme l'individu, qui, devenu un homme nouveau, ne saurait être ramené à l'état profane. Rien ne peut donc nous empêcher de demeurer ce que nous sommes, quand notre Initiation ne s'est pas bornée à une cérémonie uniquement symbolique.
Le réel Initié prend conscience de ce qu'exige de lui le «Grand Œuvre de la Vie», action créatrice permanente, dont résulte le mieux individuel et général, Il associe volontairement au travail vital, en s'appliquant à se perfectionner lui-même intellectuellement et moralement. Cela représente en Maçonnerie le dégrossissement de la Pierre brute, image de la personnalité grossière, appelée à se tailler elle-même rectangulairement, afin de se rendre constructivement utilisable. L'homme n'est pas considéré comme sa propre fin; s'il s'imaginait exister pour lui-même, il serait le jouet d'une grave illusion. Tout vivant participe à une vie plus générale, supérieure à la sienne, celle de son espèce. S'il le méconnaît, il s'expose à vivre mal, étroitement, et à contrarier son évolution normale. 



Pour vivre bien, l'être humain doit vivre «humainement», en développant en soi ce qui élève l'homme au-dessus de l'animal. En répondant à cette vocation naturelle, le sage s'initie à l'«Art de Vivre», qui est traditionnellement le Grand Art, l'Art par excellence ou l'«Art Royal» des Francs-Maçons.
Cet Art s'enseigne à la lumière de symboles, dont la portée dépasse la perspicacité de la moyenne de nos contemporains. De là les faiblesses de l'Initiation maçonnique, exposée à tomber au rôle 'de cérémonial inopérant, faute de préparation du récipiendaire. Celui-ci est admis en Loge comme il le serait en un club, sur enquête concernant son honorabilité. Cela est insuffisant car de rigoureux examens d'entrée devraient être subis par le candidat à l'Initiation. Un honnête citoyen, animé de sentiments généreux, est profondément respectable, mais s'il n'est pas intellectuellement doué, le symbolisme ne fera de lui que le symbole d'un Initié. C'est un commencement; mais il est désirable que le symbole conduise à la réalité, en faisant acquérir les vertus de l'ordre le plus élevé, celles d'un religieux laïc, prêtre-ouvrier du Grand Architecte de l'Univers.
Car l'Initiation est «religieuse» au sens le plus noble du mot. Aussi est-elle indispensable au Genre humain. Elle est multiple et périssable en ses formes, mais dès que l'une d'elles cesse de répondre à sa destination, elle est remplacée par une autre, moins imparfaite.
Ne nous lamentons donc sur le sort de la Maçonnerie supprimée, qu'à la façon des Maîtres réunis en Chambre du Milieu. Les mauvais Compagnons tuent Hiram. Reconnaissons en eux les défauts dont nous avons à nous corriger. L'heure est douloureuse en ce qu'elle exige de nous, mais l'initiation enseigne à supporter les épreuves, destinées à grandir ceux qu'elles purifient.
Dans le recueillement de la retraite qui nous est imposée, méditons en achevant de nous initier, cherchons la «Vraie Lumière», celle qui éclaire tout homme, venant en ce monde, mais qu'obscurcit l'immoralité à laquelle s'abandonnent les peuples égarés. Il n'y a de salut qu'en cette Clarté rédemptrice, aussi sacrée aux Initiés qu'aux plus fervents Chrétiens.

Oswald Wirth

Thierry Ronat




vendredi 19 août 2016

Le Samedi 01 octobre 2016 se déroulera :
Le Salon Lyonnais du Livre Maçonnique 2016 au Centre culturel et de la vie associative (CCVA), 234 cours Émile Zola à Villeurbanne.

Rencontres littéraires maçonniques : conférences, table ronde, échanges avec les auteurs…




www.salonlyonnaisdulivremaconnique.org 

PROGRAMME :
  • 11h-12h. Jiri Pragman/Jacky Nardoux – La théorie du complot
  • 12h30-13h. Pierre Pelle Le Croisa – Don Juan, le profane. Le défi du diable
  • 13h-13h30. Jacques Fontaine – Hergé chez les initiés. La réalisation du Soi
  • 13h30-14h30. Débat. Yves Hivert-Messeca – Dominique Segalen – Alain Subrebost – Magali Aimé – Pourquoi être franc-maçon au XXIème siècle?
  • 15h-16h. Daniel Keller – L’Utopie Républicaine
  • 17h-18h. Alain Pozarnik – Le langage du rite, des rituels et des symboles


Thierry Ronat

mardi 16 août 2016

En vacances ...



Parti me ressourcer l'esprit dans un petit coin de paradis ...

Loin de la fureur des villes, des médias et de la folie des Hommes ...

Bonnes vacances à toutes et à tous !


Thierry Ronat

lundi 11 juillet 2016

Renaissance Traditionnelle, le double numéro sur la Grande Profession.



Depuis sa création, Réflexions sur trois points n'a jamais manqué son rendez-vous avec Renaissance Traditionnelle, Revue d'Études Maçonniques et Symbolique, publiée sous l'égide de l'Institut Maçonnique de France.

Je remercie Thierry Ronat de me permettre d'en poursuivre la recension et de vous présenter le double numéro 181-182 qui vient de paraître :

La Grande Profession, Documents et Découvertes,
le fonds Turckheim.

Dans son avant-propos, Pierre Mollier nous rappelle que, « tant du point de vue de l'histoire de la franc-maçonnerie que celle de l'ésotérisme, les enjeux étudiés ici dépassent aussi la seule problématique du RER ». Nulle surprise qu'intervienne ici un orfèvre en la matière, Antoine Faivre, grand spécialiste de la maçonnerie illuministe du 18° siècle.

C'est d'ailleurs ce dernier, inventeur du Fonds Turckeim qui nous conte les circonstances providentielles de la découverte en 1967, de ces archives exceptionnelles pour les chercheurs. Ce premier volet (Rituels, instructions, etc.) sera suivi d'un second qui portera sur les correspondances.

Je ne désire pas déflorer le sujet et vous invite à découvrir l'extraordinaire péripétie et ses multiples rebondissements qui le conduisit dans les caves d'un château proche de Strasbourg. Loin de jeter une chape de plomb sur ce trésor – ah ! la tentation perverse de l'ego - et suivant la formule chère aux alchimistes, il se révéle charitable et nous en fait part avec rigueur et simplicité.

Au menu de ce numéro qui fera date dans l'histoire :

  • Avant-propos de Pierre Mollier.
  • Histoire d'une découverte par Antoine Faivre.
  • La carrière d'un Grand Profès à travers les documents du fonds Bernard-Fréderic de Turckheim, complétés de documents de la B.M.L. par Thierry Boudignon et Jacques Rondat.
  • Une vue des pratiques occultes à travers l'odyssée des Archives de J.B. Willermoz (1756-1956) par Paul Paolini.
  • La Grande Profession dans l'histoire du Régime Écossais Rectifié, par Roger Dachez.
  • Notes de lecture par Pierre Lachkareff.

Xavier Cuvelier-Roy
                                                                       
                                                           


Renaissance Traditionnelle, N° 181-182, Janvier-Avril 2016, 228 pages, en vente au numéro ou sur abonnement, c'est : ICI


  • Présentation de la revue, par son rédacteur-en-chef, Pierre Mollier, c'est : ICI
  • Présentation Une vue des pratiques occultes à travers l'odyssée des Archives de J.B. Willermoz (1756-1956) par Paul Paolini, c'est : ICI